A la découverte du Quartier du Petit-Puy (Saumur)Dossier compilé à l'occasion de la rencontre paysages du 8 juin 2011.Origine du nom et bref historique
Le quartier du Petit-Puy, à l’est de la ville de Saumur, a longtemps été rattaché à la paroisse de Dampierre comme celui du Grand-Puy, son proche voisin, aujourd’hui entièrement disparu.
C’est tout d’abord un hameau rural, situé sur le bord et l’à pic du coteau, dont le nom dérivant du latin podium signifie « petite colline ». Pauvre en terres labourables et coiffé de quelques moulins à vent à partir du XVIe siècle, il est surtout peuplé de petits propriétaires possédant caves, dépendances et jardins clos. Divisé en trois parties inégales, il se compose du « petit Puy (Pui) », des « Frogers » mesurant « 59 boissellées » soit 3,888 ha et les Varannes d’une surface de 7,380 ha. Soixante et un propriétaires paient leurs rentes en 1671, et soixante-dix-huit en 1768, les Frogers étant de loin la portion la moins partagée avec 2 à 3 possesseurs seulement pour une superficie représentant la moitié « des Varannes », dédiées à une trentaine de personnes. Prêtre, officier, meunier, marchands, boulanger, vignerons constituent la population « possédante » de cette banlieue verte à l’est du faubourg de Fenêt. Propice à l’habitat troglodytique, le site l’est aussi à la culture de la vigne, comme tout le terroir argilo-calcaire du Saumurois. La vie sociale du Petit-Puy est étroitement liée à cette activité ancestrale, apanage traditionnel d’une élite, et pourvoyeuse de travail pour les manœuvriers logés à même les caves crayeuses. Un texte de la même année 1768, indique que « la ruette au chat conduisait de la maison seigneuriale du Petit-Puy à la rue Chèvre ». Les traces de cette seigneurie n’ont malheureusement pas été retrouvées, mais cette ruelle des Chats offre, après sa montée dans les bois, un magnifique panorama sur toute la vallée de la Loire. (sources : étude Anne Faucou)
Rue des Caves, chemin de la Côte, rue du Tire-Jarret illustrent encore aujourd’hui la topographie typique du lieu. Par contre, la rue « Chèvre » malgré son nom si évocateur, et justifié, de montée abrupte et sinueuse n’a rien à voir avec une quelconque origine caprine. Son appellation réside en une déformation de « Chefve », signifiant « Principale ». En 1777, elle sera très momentanément rebaptisée « Chemin des Coteaux ». Mais ce bucolique hameau, habité depuis la Renaissance par des personnes aisées, en quête de salut et dotant l’Hôtel-Dieu de Saumur, n’est pas toujours exempt de friponnerie, et les Oratoriens sous l’ancien régime, comme les autorités de la République en 1824, se plaignent du commerce illicite des filles de petite vertu qui y résident.
La réorganisation administrative de la France au lendemain de la Révolution, détache Le Petit Puy de Dampierre et le rattache à Saumur. (sources : Saumur-jadis) Le XIXe siècle n’apporte pas seulement la grave crise de la viticulture au quartier du Petit-Puy. Deux éboulements importants, l’un en 1842, l’autre en 1869 fragilisent le coteau et provoquent des dégâts matériels conséquents. Les caves troglodytiques font malgré tout la prospérité des viticulteurs et en 1864, le jeune Alfred Gratien y implante avec succès une maison de vins dont les caves comptent près de 10 km de galeries, vestiges d’anciennes carrières de tuffeau datant du XIIe siècle.
Lors du dernier conflit mondial, le Petit-Puy est évacué le 20 juin 1940 par les troupes françaises et son bombardement est éminent. Une jeune et courageuse habitante du hameau, accompagnée d’un commerçant de Saumur, réussit à convaincre les officiers allemands que le quartier ne compte que des enfants et des vieillards inoffensifs et le sauve ainsi d’une destruction annoncée. Ce même jour, cependant, devant le 157 route de Champigny, Jehan Alain, brillant compositeur et organiste de vingt-neuf ans, est tué au cours d’une mission de liaison. Malgré ces épisodes dramatiques, le Petit-Puy a bénéficié de l’heureuse présence de madame Coiffard qui distribuait le lait avant et pendant la guerre avec sa petite charrette tractée par son cheval Pompon. (sources : Bernard Rousseau)
|
Inscription à la newsletter
|




Les fronts bâtis
L'identité paysagère

